Engagement des communautés

Les communautés devraient être aux commandes lorsqu’il s’agit des processus de développement. Malheureusement, les communautés sont trop souvent exclues des décisions liées au développement et sont forcées de payer les frais des interventions qui ne répondent pas à leurs besoins ou priorités en termes de développement. Par le biais de nos partenariats relatif à l’engagement de la communauté, la coalition bâtit des liens entre les communautés qui sont confrontées à des préoccupations relatives aux droits humains en lien avec le développement, et les membres mondiaux de la Coalition. Ensemble, nous échangeons des informations stratégiques et des ressources, nous renforçons les capacités, et nous nous livrons à une action collective pour défendre les droits humains et promouvoir le développement pris en charge par la communauté.

Soutenir les pêcheurs du Sri Lanka pour défendre leurs moyens de subsistance

Dans le nord du Sri Lanka, des communautés de pêcheurs artisanaux et à petite échelle se mobilisent contre le projet de développement de la pêche durable dans la province du Nord. Le projet, financé par la Banque asiatique de développement, construira deux nouveaux ports de pêche, des ancrages et des installations connexes le long des districts côtiers. Malheureusement, la BAD et les autorités sri-lankaises locales qui ont encouragé le projet n’ont pas informé et consulté les communautés de manière appropriée. Par conséquent, les plans actuels font peser des risques importants sur ces communautés qui vont de la perte d’aliments traditionnels ou la perte de contrôle des lieux de pêche, au déplacement d’environ 350 bateaux ou plus, et en particulier la perte pour les femmes d’opportunités de gagner un revenu supplémentaire.

Le Sri Lanka Nature Group (SLNG), en partenariat avec International Accountability Project, la Coalition et le Forum des ONG sur la BAD, a effectué un travail de sensibilisation au sein de la communauté donnant lieu à une résistance plus organisée. La communauté a récemment déposé une plainte officielle auprès du mécanisme de responsabilisation de la BAD, exigeant que le projet de la BAD soit arrêté afin de ne pas mettre en danger les moyens de subsistance de ces communautés. Pour en savoir plus, lisez cet article. Organisation: Sri Lanka Nature Group (SLNG)

Recherche de responsabilité pour l’énergie “sale” aux Philippines

Le Philippine Movement for Climate Justice (PMCJ), un vaste mouvement regroupant plus de 130 réseaux / alliances nationaux et organisations locales aux Philippines, collabore avec 19 Lieux de lutte (Sites of Struggle (SOS)) établis ou communautés affectées par la prolifération de centrales thermiques au charbon. En collaboration avec Inclusive Development International, PMCJ a révélé que la Société financière internationale (IFC) de la Banque mondiale avait investi dans des banques commerciales philippines, notamment la Rizal Commercial Banking Corporation (RCBC), qui finance au moins 19 projets de charbon dans tout le pays. Les 19 projets auront des impacts dévastateurs sur l’environnement, la société et la santé et contribuent à la crise du changement climatique mondial.

PMCJ a déposé une plainte auprès du Compliance Advisor Ombudsman (CAO) de la SFI en indiquant que les 19 projets de charbon, que ce soit au niveau individuel ou cumulatif, auront des impacts environnementaux et sociaux dévastateurs, en contribuant notamment au changement climatique, les Philippines étant l’un des pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique, y compris aux phénomènes météorologiques extrêmes. PMCJ a également présenté la plainte au nom des communautés et des familles qui souffrent ou risquent de souffrir de dommages sociaux et environnementaux localisés causés par leur exposition au développement et à l’activité des centrales au charbon. Cette affaire est la toute première plainte climatique jamais déposée contre la Société financière internationale (SFI).

Le PMCJ travaille avec la Coalition au soutien des communautés locales dans leur lutte pour mettre en avant et vulgariser l’enjeu aux niveaux local, national et international par le biais de messages, de planification de la sécurité et en créant des liens avec des groupes internationaux pour faire pression sur les financiers. Pour plus d’informations, veuillez consulter cette page: Organisation: Philippine Movement for Climate Justice.

Demander des comptes aux compagnies minières en République Démocratique du Congo

African Resources Watch (AFREWATCH) collabore avec les communautés d’agriculteurs et de pêcheurs de la province de Lualaba, en RDC, pour tenir la société minière chinoise Sicomines responsable des dommages causés aux rivières Luilu et Lualaba et aux communautés d’agriculteurs et de pêcheurs qui en dépendent. L’Eximbank of China est l’un des principaux bailleurs de fonds de Sicomines Mining Corporation. AFREWATCH a travaillé avec quatre villages pour documenter les effets désastreux du déversement de déchets par Sicomine, notamment la destruction de la biodiversité, la pollution des sols et des eaux, l’épuisement des ressources de pêche, les problèmes de santé des communautés riveraines et enfin leur déplacement. Les recherches d’AFREWATCH montrent que la plupart des communautés n’ont pas été indemnisées et Sicomines n’a fait aucun effort pour assainir la rivière. AFREWATCH travaille avec les communautés à des efforts de plaidoyer internationaux pour obtenir réparation et justice. Pour en savoir plus, veuillez consulter cette page. Organisation: African Resources Watch (AFREWATCH)

Suivre l’argent consacré aux réparations des dommages subis par les communautés affectées par les activités minières en Guinée

Fin 2015 et 2016, environ 380 foyers de mineurs d’or artisanaux, de marchands et de petits agriculteurs ont été expulsés de leurs terres ancestrales dans la commune de Kintinian de la région de Siguiri en Guinée pour faire place à une mine d’oxyde d’or à ciel ouvert contrôlée par le géant minier AngloGold Ashanti. Début 2015, la compagnie avait adressé un mémorandum au gouvernement guinéen lui demandant de mettre les terres à sa disposition, sans quoi il cesserait toutes ses activités à Siguiri. En conséquence, lorsque les négociations avec la communauté ont échoué, les forces de sécurité de l’État se sont rendues sur place. Elles ont eu recours à du gaz lacrymogène dans des habitations privées, ont frappé les résidents et ont mis le feu à des cases. Des personnes ont été arrêtées et touchées par balle et des centaines ont fui la région, dans la peur. Inclusive Development International (IDI), en réponse à une demande de l’ONG locale Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE), a procédé à une cartographie de la chaîne d’investissement de la mine d’or par le biais de son initiative Follow the Money. L’analyse a permis de révéler des investisseurs tels que Nedbank d’Afrique du Sud et la Société financière internationale (IFC), qui pourraient être utilisés pour aider les communautés affectées dans leur lutte pour l’obtention d’une réparation. Avec le soutien de la Coalition, IDI a communiqué les résultats à la communauté par le biais d’un atelier à Siguiri pour les membres communautaires et a organisé une formation sur les différentes options de plaidoyer. Suite à cela, un groupe de personnes déplacées a porté plainte auprès du mécanisme de responsabilité de l’IFC et a engagé d’autres investisseurs et financeurs fondamentaux d’AngloAshanti Gold pour demander des comptes à la société, consultable ici.   Contactez l’organisation: Inclusive Development International (IDI)

Protéger les droits des communautés népalaises à une indemnité et une consultation adéquates

Dans l’ouest du Népal, plus de 750 foyers, principalement ceux des groupes autochtones Magar et autres, sont touchés par le projet hydroélectrique de Tanahu, mais n’ont cependant pas été informé ou consulté de manière adéquate en ce qui concerne les incidences du projet et n’ont pas reçu d’indemnité juste pour la perte de leurs terres et moyens de subsistance. Le projet Tanahu est financé par la Banque asiatique de développement (BAD), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), la Banque européenne d’investissement (BEI) et le gouvernement du Népal. En 2016, Community Empowerment and Social Justice Foundation (CEmSoJ) et Indigenous Women Legal Awareness Group (INWOLAG) en collaboration avec Asia Indigenous Peoples Pact (AIPP) et International Accountability Project (IAP) ont organisé un atelier de consultation et de formation avec les leaders des communautés touchées afin de mieux leur faire comprendre le projet et les protections et garanties juridiques pertinentes. À la suite de cet atelier, les communauté touchées ont soumis une série de revendications aux investisseurs du projet et aux autorités nationales et locales concernées. En 2017, avec le soutien de la Coalition, les groupes communautaires ont organisé une série de trois séminaires communautaires en coordination avec CEmSoJ et INWOLAG afin de sensibiliser les communautés locales et ont poursuivi leur plaidoyer et lobbying auprès des agences de mise en oeuvre du projet et des autorités gouvernementales. Suite à cela, les responsables de la mise en oeuvre du projet ont renforcé la diffusion de l’information et ont mis en place des forums de consultation locaux avec la participation des représentants des communautés affectées afin de répondre de manière continu à d’autres griefs survenus lors de la construction, alors que les membres communautaires continuent d’oeuvrer à la responsabilisation du projet et à la garantie d’un meilleur ensemble de mesures d’urgence et de réhabilitation, à lire ici.   Contactez l’organisation: Community Empowerment and Social Justice Foundation (CEmSoJ)

Défense des droits fonciers des autochtones dans un contexte de développement géothermal dans la vallée du Rift au Kenya

Les membres de la communauté discutent des possibilités de plaidoyer

Le Narasha Community Development Group travaille avec les autochtones des communautés Maasai vivant dans la zone Olkaria de la vallée du Rift au Kenya. Ce sont des personnes qui ont été relocalisées pour laisser place à un projet de développement géothermique. Les communautés ont déposé des plaintes auprès des mécanismes de responsabilisation de la Banque mondiale et de la Banque européenne d’investissement concernant le financement par les banques du Projet d’expansion électrique du Kenya, et qui aboutissent à des violations des droits humains et des politiques qui y sont liées. Le projet a impliqué la relocalisation de 4 villages Maasai sans consultation préalable, libre et éclairée. Le panel d’inspection de la Banque mondiale a conclu que des dommages ont été causés à environ 1,170 personnes affectées par la relocalisation. Ces familles ont été réinstallées dans des logements qui ne sont pas adaptés à leur culture, sur des terres qui ne sont pas adaptées pour le pastoralisme, qui est la base de leur culture et de leur économie. Leur industrie touristique a été dévastée, et ils se battent toujours pour un accès à l’eau et un partage des bénéfices. Le projet fait partie d’un complexe de puits géothermiques et des lignes de transmissions connexes ainsi que de parcs industriels avec des investisseurs allant de la Japan International Cooperation Agency (JICA) à la Banque africaine de développement et la Banque allemande de développement (KFW). Les investissements intensifient la pression sur les terres Maasai et la possibilité de futures expulsions. Par le biais de la Coalition, le Narasha Community Development Group travaille avec Mainyoito Pastoralists Integrated Development Organisation (MPIDO), et CEE Bankwatch pour signaler les préoccupations de la communauté aux décideurs des banques qui investissent et lutter pour le respect des politiques des banques et le respect des droits humains.   Pour plus d’informations, cliquez ici. Contactez l’organisation: Narasha Community Development Group

Protéger les droits des autochtones à la consultation à Chittagong Hill Tracts, au Bangladesh

Consultation de la communauté sur les impacts du projet de transport

La région de Chittagong Hill Tracts du Bangladesh à la frontière avec l’Inde abrite 11 groupes autochtones, dont la population s’élève environ à 500 000 personnes. En février 2014, la banque mondiale a approuvé un projet d’études de facilitation du commerce et du transport de 5 millions pour planifier la conception et les itinéraires en lien avec la proposition de développement d’une route et d’un port. Alors que le développement posait de sérieux risques pour les droits fonciers des peuples autochtones et pour leur cohésion sociale, mais avait aussi des effets néfastes sur les ressources forestières et les sites culturels, les autochtones n’ont pas été informés du projet et leur autorité traditionnelle et politique a été écartée des consultations. Grâce au soutien de la Coalition par le biais de la Asia Indigenous Peoples Pact (AIPP) qui travaille avec les peuples autochtones du Bangladesh, les groupes autochtones locaux ont organisé trois consultations communautaires et ont mené leur propre évaluation des impacts du projet proposé, ont développé un exposé de position, déposé plainte auprès du panel d’inspection de la Banque mondiale en insistant sur la violation des exigences de la banque en ce qui concerne le consentement préalable, libre et éclairé, et ont mené des activités de sensibilisation auprès de la direction de la banque. En octobre 2016, la banque a annoncé son reniement des études de faisabilité et elle a annoncé qu’elle ne procéderait pas au futur financement du projet étant donné l’absence de consultation adéquate et d’autres problèmes sérieux.   Pour plus d’informations, cliquez ici. Contactez l’organisation: Asia Indigenous Peoples Pact (AIPP)

Recherche menée par la communauté et accès à l’information au Malawi

Les résidents du village participent au processus d’enquête

En avril 2016, Citizens For Justice au Malawi, en partenariat avec International Accountability Project et avec le soutien de la Coalition, a informé par le biais du Early Warning System les communautés de l’ouest du Malawi  concernant un projet relatif à l’eau de 71 millions de dollars qui sera financé par la Banque mondiale. La construction du Barrage à buts multiples de Diamphwe sur le cours inférieur de la rivière Diampwhe et les infrastructures connexes risquent d’affecter directement 6,015 personnes dans les districts de Dedza et Lilongwe, ce qui inclut leur relocalisation. Citizens for Justice a organisé des réunions d’information et a mené une enquête prise en charge par la communauté avec environ 700 membres communautaires de 28 villages. Les conclusions préliminaires des réunions d’information et les résultats du sondage ont dévoilé des préoccupations concernant le manque d’accès à l’information et à une consultation véritable ainsi que de sérieuses lacunes dans le plan de relocalisation. Après un engagement continu auprès des fonctionnaires de la banque au Malawi et à Washington DC, le calendrier d’étude du conseil de la banque mondiale a été retardé de plus de neuf mois, à mars 2017, pour que les préoccupations des communautés soient entendues et pour reconsidérer le plan de relocalisation.   Pour plus d’informations, cliquez ici. Contactez l’organisation: Citizens For Justice

Exiger une responsabilité pour les expulsions forcées au Nigéria

Une dirigeante communautaire a porté son cas auprès de la Banque mondiale

Justice and Empowerment Initiatives (JEI) soutient les communautés qui ont été expulsées de force à cause du projet de rénovation urbaine financé par la Banque mondiale à Badia-Est, au Nigéria, en 2012 et 2013. Le projet de développement et de gouvernance de la ville de Lagos était censé renforcer la pérennité de l’accès aux services urbains de base grâce à des investissements dans les infrastructures essentielles. Au lieu de cela, les communautés qui devaient bénéficier de ce projet ont été déplacées lors de deux expulsions forcées -sans préavis ni consultation, sans être relocalisés ou encore sans compensation adéquate. Plus de 10 000 personnes ont été expulsées de force. Les communautés ont déposé plainte auprès des mécanismes de responsabilisation de la Banque mondiale, mais ils n’ont reçu aucune réparation. Actuellement, plusieurs membres de la communauté sont toujours sans-abris. Avec le soutien de la Coalition, JEI a travaillé par le biais d’un modèle d’assistants juridiques au niveau local à  l’instruction des membres communautaires concernant leurs droits et concernant les voies disponibles pour la défense de ces droits. Les personnes expulsées ont produit une vidéo pour que les voix de la communauté influencent l’examen des politiques de sauvegarde de la Banque mondiale et un leader communautaire a voyagé à Washington pour faire pression pour que ceux qui ont été lésés obtiennent réparation. Les communautés s’efforcent maintenant d’empêcher de futures expulsions dans l’état de Lagos et dans l’ensemble du Nigéria.   Pour plus d’informations, cliquez ici. Contactez l’organisation:  Justice and Empowerment Initiatives (JEI)

Protéger l’environnement et les communautés de pêcheurs au Sénégal

Les femmes du secteur de l’industrie du poisson risquent d’être déplacées à cause d’une centrale électrique

Lumière Synergie pour le Développement (LSD) soutient les communautés de pêcheurs à Bargny, au Sénégal, qui se battent contre la centrale à charbon de Sendou, financée par la Banque africaine de développement (BAD), la Banque néerlandaise de développement (FMO), et la Banque ouest africaine de développement (BOAD). La centrale menace la santé des communautés qui l’entourent, environ 36 000 personnes, et aurait des conséquences dévastatrices sur le secteur local de la pêche, et plus particulièrement sur les agents féminins de traitement du poisson. Les agents de mise en oeuvre du projet n’ont pas consulté les communautés de manière adéquate ou n’ont pas prévu de garantir les droits fonciers et de fournir une relocalisation adaptée et un rétablissement des moyens de subsistance. Avec le soutien de LSD, en collaboration avec BothENDS, une organisation environnementale locale, Takkom Jerry, a porté plainte auprès des mécanismes de responsabilisation de différentes banques de développement. La Coalition soutient LSD dans ses activités de renforcement de capacités auprès des communautés pour qu’elles puissent unir leurs préoccupations et se livrer à des activités de médiation et de plaidoyer avec les investisseurs et leurs gouvernements.   Pour plus d’informations, cliquez ici et ici. Contactez l’organisation: Lumière Synergie pour le Développement (LSD)

Renforcer la capacité de la communauté pour s’opposer aux méga-barrages en République démocratique du Congo

Communautés affectées par le barrage Inga 3

Action pour les Droit, l’Environnement et la Vie (ADEV) travaille avec les communautés qui seront touchées par le projet hydroélectrique Inga 3, un barrage prévu sur le fleuve Congo. La construction du  barrage Inga 3 deplacerait environ 35 000 personnes et aussi affecterait les ressources en eau, les sources de nourriture et les moyens de subsistance de beaucoup de personnes. En même temps, l’électricité générée du barrage bénéficiera à l’industrie extractive et non aux 90 pour cent des Congolais qui n’ont pas accès à l’électricité. Inga 3 est la première phase de la construction du projet hydroélectrique Grand Inga. Pendant que la Banque mondiale a retiré son soutien au projet en 2016 pour des raisons d’absence des études d’impact sur l’environnement, la Banque africaine de développement, elle continue de supporter ce projet, et la Banque européenne d’investissement envisage également y investir. La Coalition et International Rivers soutiennent le travail d’ADEV et de l’association locale des communautés, CODICLI, pour renforcer leurs capacités à mener un suivi communautaire des impacts sociaux et environnementaux et aussi à mener un plaidoyer auprès des décideurs au sein des banques et du gouvernement congolais.   Pour plus d’informations, cliquez ici. Contactez l’organisation: Action pour les Droit, l’Environnement et la Vie (ADEV)