Observatoire Africain Des Droits De L’homme, De L’environnement Et Des Ressources Naturelles En DRC

Dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, OADHERN-RDC apporte son soutien aux communautés rurales qui manifestent et se mobilisent pour défendre leurs droits face aux projets miniers financés par la Chine. Ces projets, imposés sans consultations ni études d’impact environnemental adéquates, ont entraîné des déplacements de population, une contamination toxique, une dégradation de l’environnement (notamment une déforestation massive), des problèmes de santé, la perte de moyens de subsistance, la destruction de sites sacrés et des représailles à l’endroit des communautés locales et des acteurs de la société civile (défenseurs des droits humains).

Country

DRC

Project

Region

Afrique

Sector focus

Exploitation minière et industries extractives

Financier

Full Trag | ORC | Yellow Water Resources

Violations/Impact

consentement libre | Consultations / accès à l'information | Déplacements de population et accaparement des terres | Impacts environnementaux : biodiversité | impacts environnementaux : pollution | Perte des moyens de subsistance / Insécurité alimentaire / Hausse du coût de la vie | représailles | Santé et sécurité

Impacted Communities

Communautés rurales

 

 

À propos du projet

Depuis 2018, des coopératives privées financées par des capitaux chinois (notamment ORC, Full Trag et Yellow Water Resources) se sont rendues coupables de graves violations des droits humains dans le cadre d’activités d’exploitation aurifère menées à Mitobo I, Mitobo II, Kaboge et dans les environs de la chefferie de Wamazimu, sur le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. ORC a également collaboré avec Kamitgua Mining Company, une filiale de la société canadienne Banro Corporation. 

Les communautés touchées n’ont reçu d’aucune de ces entreprises d’informations adéquates concernant leurs activités, leurs responsabilités, leurs montages de propriété ou leurs autorisations d’exploitation sur leur territoire. Elles n’ont pas été associées aux processus décisionnels relatifs à ces activités, ni informées du représentant de l’entreprise avec lequel elles pouvaient entrer en contact. De plus, ces entreprises ont mené leurs activités sans aucune étude sociale ou environnementale et ont soumis leurs employés à des conditions de travail dangereuses et contraires à l’éthique. 

La communauté locale de Banampute, un clan de la tribu Lega, a été gravement touchée par les activités minières menées sur son territoire. Elle a notamment fait part de ses préoccupations concernant la spoliation de ses champs et de ses terres cultivables, la destruction de l’écosystème environnant et la perte de ses moyens de subsistance.

Pour extraire des particules d’or par exploitation à ciel ouvert et alluviale, les entreprises ont eu recours à des techniques minières nocives, notamment l’utilisation de mercure et de cyanure pour combler les fosses d’extraction. En conséquence, elles ont contaminé des cours d’eau essentiels, notamment les rivières Elila et Zalya. Parmi les autres dégradations environnementales, on peut citer la déforestation massive sans aucune initiative de reboisement, ainsi que la destruction de plantes médicinales, de tombes et de sites sacrés et culturels d’initiation. Le site touristique de la cascade de Kamwanga a également été affecté. 

Au-delà des effets néfastes sur l’environnement, les entreprises n’ont pas indemnisé les pertes de terres subies par les communautés de Nyamibungu/Ntunga, Lwalanga, Barque, Basimbi, Matebo, Kitumba, Kamwanga, Kiziba, Bakongo, Ngoy, Njolinjoli, Mbelekelo et Bwalala. De plus, les sociétés minières n’ont pas assuré un partage équitable des bénéfices aux communautés touchées et n’ont pas versé les redevances minières. Elles ont également donné la priorité à l’emploi de travailleurs chinois au détriment des travailleurs congolais.

Les membres des communautés locales, les mineurs artisanaux, les acteurs des organisations de la société civile et les défenseur.e.s des droits humains qui s’opposent aux opérations minières ont été victimes de menaces, d’arrestations, d’agressions physiques et de tirs, et certains ont même été tués. Les risques de représailles sont exacerbés par la forte militarisation de la région et la présence de nombreux groupes armés, notamment la police congolaise, des agents des services de renseignement, l’armée et les groupes rebelles Wazalendo et M23. Pour protéger les sites miniers, les entreprises sollicitent la protection des autorités politiques, militaires, coutumières et de sécurité, mais les soldats chargés de surveiller les sites auraient violemment pris pour cible des membres de la communauté.

  

À propos de la lutte menée par les communautés

Malgré les efforts considérables déployés par les entreprises et les responsables congolais pour dissuader toute résistance, les communautés s’opposent fermement aux opérations minières en réaction aux graves violations des droits humains auxquelles elles sont confrontées. Elles ont mené des manifestations pacifiques (comme celle qui a eu lieu à Mwenga en 2018), des initiatives de mobilisation, des recours judiciaires ainsi que des campagnes de sensibilisation dans les médias. Leurs revendications comprennent l’indemnisation des pertes et des dommages causés par les opérations minières, la restauration de l’environnement, l’accès à la justice, le versement des redevances minières, la signature d’un accord de développement communautaire, la mise en œuvre de la contribution obligatoire de 0,3 % au développement communautaire, la création d’emplois locaux et un dialogue direct avec l’entreprise.

Notre partenaire du CRE, OADHERN-RDC, travaille avec les communautés touchées depuis 2018 : il recense les violations, soutient les initiatives de plaidoyer, dispense des formations, mobilise les communautés et facilite le dialogue avec les autorités. En mai 2026, OADHERN a organisé une série de réunions communautaires, de consultations et de dialogues afin d’identifier les revendications et d’évaluer le respect par ORC de la réglementation minière. L’organisation a également pris contact avec ORC afin de commencer à élaborer un plan de dialogue bilatéral.

À la suite de ces efforts, en août 2021, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a imposé une brève suspension à six entreprises chinoises opérant à Mwenga et Shabunda, pour non-respect des normes minières et des revendications communautaires, avant la reprise de leurs activités. Une autre suspension de trois mois a été imposée en mai 2026 dans les territoires de Mwenga et Shabunda, afin de permettre à l’Inspection générale des mines de mener une inspection et de s’assurer de la légalité des opérations.

 

Ressources complémentaires