Perspectives d’avenir : nos priorités pour 2026
En 2026, l’Échange de ressources communautaires (CRE) continuera de renforcer les mouvements de base en favorisant des collaborations dirigées par les communautés dans le contexte du financement du développement et des investissements internationaux ; en soutenant les communautés qui souhaitent s’engager dans différents espaces de plaidoyer et cibler divers acteurs ; en facilitant les liens ; en produisant des apprentissages et des preuves ; et en développant davantage nos structures du CRE afin d’améliorer notre durabilité et notre impact.
Nos principales stratégies seront les suivantes :
- Communautés d’action : Il s’agit de regroupements d’organisations de base et d’organisations de soutien unies par un enjeu commun, des investisseurs ciblés, une thématique ou une zone géographique, et engagées à faire progresser des objectifs communs. Nos facilitateurs et facilitatrices régionaux en Afrique, en Asie et en Amérique latine continueront de soutenir les communautés d’action existantes et nouvelles en identifiant des priorités communes, en facilitant l’apprentissage entre pairs et en renforçant la coordination autour du plaidoyer conjoint et de l’action collective.
- Priorités thématiques régionales : Afin de mieux répondre aux défis rencontrés par nos communautés partenaires et d’adopter une approche plus ciblée, les facilitateurs et facilitatrices régionaux du CRE et les groupes de travail régionaux continueront d’aligner notre travail sur les priorités thématiques identifiées dans chaque région.
- Appels à propositions : En mai, le CRE lancera un nouvel appel à propositions. Chaque groupe de travail régional déterminera le thème de l’appel ainsi que s’il s’agira d’un appel ouvert ou sur invitation uniquement.
- Construction narrative : nous continuerons à faciliter les initiatives de renforcement des capacités et les échanges d’apprentissage afin d’aider les communautés à développer et à faire progresser leurs propres récits – fondés sur leurs visions, leurs perspectives et leurs revendications – tout en contrant les messages négatifs qui cherchent à délégitimer leurs luttes.
Communauté près du lac Turkana, au Kenya. Crédit : Won'gan Women Initiative
Nouvelles de nos partenaires CRE
Avec le soutien du CRE, des communautés du monde entier demandent des comptes aux banques de développement et aux investisseurs internationaux, se mobilisent pour faire valoir leurs droits et renforcent leur solidarité avec d’autres communautés confrontées à des défis similaires. Nous mettons en lumière ci-dessous certaines de leurs luttes les plus marquantes.
Actualités interrégionales
- «Quand de petites gouttes déplacent le pouvois» : L’année dernière, le CRE a organisé un échange communautaire en deux parties, au cours duquel plus de 30 collaborateurs d’Asie et d’Afrique se sont réunis en ligne pour discuter de leurs expériences en matière de mobilisation communautaire et de stratégies de défense de leurs droits et de leur environnement, en mettant l’accent sur les principaux enseignements tirés par les défenseurs des droits humains des femmes. Dans ce blog, notre stagiaire Diego Pravikoff partage quelques moments forts et conclusions de ces sessions.
- En septembre dernier, notre partenaire CRE Fatrisia Ain (porte-parole du Buol Plasma Peasants Forum, Indonésie) a participé au Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits humains en Asie-Pacifique, en Thaïlande. Il s’agit de l’un des nombreux espaces de plaidoyer dans lesquels nous avons collaboré avec nos partenaires CRE afin d’ouvrir des plateformes et de créer des opportunités pour faire entendre la voix des communautés locales, trop souvent marginalisées ou ignorées. Mais quels sont les défis liés à la participation à de tels espaces ? Et quelles sont les opportunités et les enseignements clés pour les militants qui participent à de tels événements ? Pour en savoir plus, consultez ce nouveau blog de notre coordinatrice internationale CRE, Carmina Flores-Obanil, et le blog « De Buol à Bangkok : faire entendre la voix des communautés locales dans un forum mondial de défense des droits » de notre collaboratrice CRE, Fatrisia Ain.
Les partenaires du CRE et le personnel du CHRD lors du Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l'homme à Bangkok, en Thaïlande.
Afrique
- Une réussite en Ouganda : en janvier 2026, le président ougandais Museveni a ordonné l’annulation immédiate de tous les titres fonciers délivrés dans la réserve forestière centrale de Kitubulu, invoquant le rôle essentiel de la forêt dans la protection de la biodiversité du lac Victoria et la filtration des polluants. Notre collaborateur CRE Youth for Green Communities, avec le soutien de l’Environmental Defenders Collaborative, par le biais d’une recommandation du CRE, a accompagné les communautés touchées dans leurs actions de sensibilisation et leurs campagnes. Ensemble, ils ont mené une lutte acharnée pour s’opposer à la décision du gouvernement d’attribuer la réserve forestière centrale de Kitubulu à un investisseur chinois, en vue de la construction dans la forêt d’une « mini-ville » abritant des bureaux gouvernementaux et d’autres installations modernes.
- Poèmes de résistance : en février 2026, certains de nos partenaires du CRE ont participé à l’Alternative Mining Indaba au Cap, en Afrique du Sud. Lors de cet événement, nous avons organisé une exposition multimédia (également disponible en ligne) rassemblant des poèmes, des chansons, des vidéos et des photos, afin de faire entendre la voix et les aspirations des communautés touchées par l’exploitation minière en Guinée, à Madagascar, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe. Leurs récits montrent comment la résistance et l’espoir peuvent coexister dans les mêmes paysages d’extraction, et comment une véritable justice dans la transition énergétique dépend de l’écoute, de l’apprentissage et du soutien à ceux qui sont en première ligne.
- Une initiative réussie en Gambie : grâce à la collaboration avec le CRE, notre partenaire Open Society Platform The Gambia (OSPG) a mobilisé plus de 200 membres de la communauté, en particulier des femmes, des jeunes et des personnes handicapées, afin de surveiller et de s’impliquer activement dans le projet agricole GIRAV financé par la Banque mondiale. Grâce à des visites sur place, des consultations et le partage de connaissances, les communautés ont pu mieux comprendre le projet, découvrir les mesures de protection prévues sur le papier et exiger activement leur mise en œuvre. Elles ont ainsi commencé à signaler des problèmes liés à ces mesures, ce qui a incité les autorités responsables du projet et les entrepreneurs à prendre des mesures correctives. Pour en savoir plus, consultez ce blog et regardez le documentaire réalisé par notre collaborateur, OSPG.
Réunion communautaire pour suivre le projet GIRAV. Crédit : Open Society Platform The Gambia (OSPG)
Amérique latine
- Faire progresser la justice climatique : lors de la COP30 à Belém (Brésil) et du Sommet des peuples qui s’est tenu en parallèle, des communautés, des groupes autochtones et des OSC se sont réunis pour partager leurs témoignages et leurs stratégies, et dénoncer les impacts de l’exploitation minière, de l’hydrogène vert, des barrages hydroélectriques et d’autres projets énergétiques à grande échelle. L’objectif était de rendre visibles les réalités souvent cachées derrière le discours d’une « transition juste».
Consultez notre page COP30, qui présente des interviews visant à amplifier la voix des communautés, des réflexions sur la lutte contre les fausses solutions à la crise climatique et des aperçus des événements que nous avons organisés et auxquels nous avons participé.
Sur cette page, vous pouvez également en savoir plus sur la Caravane mésoaméricaine pour le climat et la vie. Cette initiative a réuni des communautés, des collectifs et des organisations de base de toute la région dans un voyage politique et territorial vers Belém, créant des espaces d’échange, de réflexion collective et de visibilité des luttes pour la défense de la terre, de l’eau et de la vie.
- Les fausses promesses de l’hydrogène vert : Les mégaprojets à grande échelle d’hydrogène vert et d’e-méthanol prévus au Chili et en Uruguay sont présentés comme des initiatives phares en matière d’énergie propre visant à décarboniser les industries mondiales et à approvisionner les marchés d’exportation, avec le soutien de banques de développement telles que la Banque interaméricaine de développement et la Banque mondiale. Cependant, ces projets menacent des écosystèmes fragiles et des sources d’eau essentielles, et nécessitent des infrastructures éoliennes, solaires, de dessalement et industrielles massives. Dans ce blog, les communautés touchées et les groupes de la société civile documentent les risques socio-environnementaux et leur résistance à ces mégaprojets, avertissant que sous la bannière de l’énergie « verte », ceux-ci risquent de reproduire une dynamique extractiviste qui intensifie les inégalités, la dépossession et l’injustice environnementale dans toute la région.
Asie
- La terre qui nourrit la vie : Beutong Ateuh Banggalang est une région de la province d’Aceh, en Indonésie, connue comme la terre des aulia : un lieu où les valeurs spirituelles, le droit coutumier et la nature coexistent en harmonie. Cette région est dotée d’une richesse naturelle extraordinaire. Mais à la fin du mois de novembre 2025, elle a été l’une des régions de Sumatra touchées par des inondations catastrophiques : plus d’un millier de personnes ont été tuées et au moins 5 000 ont été blessées. Dans ce blog, notre collaborateur du CRE Apel Green Aceh explique pourquoi il s’agit d’une catastrophe d’origine humaine et ce qu’ils font pour soutenir les communautés touchées à court et à long terme.
- Stratégies pour engager les bailleurs chinois : À Teluk Sepang, en Indonésie, les enfants ont du mal à respirer. Les communautés de pêche perdent leurs moyens de subsistance. Et un écosystème précieux est en train d’être détruit. La cause en est une centrale à charbon financée par la Chine, qui pollue gravement l’air, les terres et les sources d’eau, et rejette de l’eau chaude dans la mer. Dans ce blog, nos partenaires Nukila Evanty et Ali Akbar partagent leur lutte pour la justice environnementale et les droits humains, ainsi que leur expérience lors de la conférence RIMA, où ils et elles ont pu échanger avec d’autres militant·es d’Asie qui cherchent à demander des comptes aux bailleurs chinois.
- Plaidoyer conjointe pour protéger les droits des communautés dans l’Odisha : À la suite d’efforts de plaidoyer collaboratifs menés par FIAN International, Front Line Defenders, BankTrack et le CRE, en novembre 2025, huit rapporteurs spéciaux des Nations unies ont écrit à JSW Steel pour lui faire part de leurs préoccupations concernant son projet d’usine sidérurgique dans l’Odisha, en Inde. BankTrack a également alerté 22 bailleurs de fonds de l’entreprise, les avertissant que la poursuite du financement pourrait les exposer à des violations des normes internationales relatives aux droits humains.
Mise en lumière d’un partenaire du CRE: La Wongan Women Initiative résiste au projet éolien du lac Turkana à Loiyangalani, au Kenya
La Wongan Women Initiative (WWI) a été créée pour répondre à l’exclusion des femmes autochtones des décisions cruciales concernant les droits fonciers et l’accès à l’énergie dans le comté de Marsabit, au nord du Kenya. Lorsque le projet éolien du lac Turkana est arrivé à Loiyangalani sans avertissement, cette exclusion s’est transformée en préjudice direct.
Le projet est soutenu par plusieurs banques de développement, notamment la banque néerlandaise de développement FMO, la Banque européenne d’investissement, Norfund, Finnfund, le Fonds danois d’investissement pour le climat et la Banque africaine de développement.
Les femmes se sont retrouvées exclues des terres de pâturage, privées de l’accès aux zones de pêche et écartées des emplois et des avantages promis. Dans ce blog, notre partenaire Teresalba Sintiyan explique comment son organisation mobilise la communauté afin de garantir que les femmes autochtones — en particulier les mères célibataires, les femmes en situation de handicap et les ménages dirigés par des femmes — soient au centre des processus d’enregistrement foncier et du plaidoyer pour la justice énergétique.
Malgré les intimidations et les menaces, la WWI continue d’exiger la responsabilité du gouvernement et une place pour les femmes dans les espaces décisionnels, ainsi que l’application du consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), œuvrant pour une transition énergétique juste qui place les personnes avant le profit.
Publications, documentaires et ressources
- « Displaced Giants », un nouveau documentaire produit par notre collaborateur du CRE Youth for Green Communities, expose les coûts humains et environnementaux des champs pétrolifères associés à l’EACOP dans l’ouest de l’Ouganda, en mettant l’accent sur le parc national de Murchison Falls et les communautés environnantes. Il montre comment les activités de forage pétrolier dans et autour du parc déplacent les éléphants et d’autres espèces menacées, les forçant à quitter leur habitat naturel pour s’installer dans des zones d’habitation humaines.
- La centrale électrique de Sarulla, dans le nord de Sumatra, en Indonésie, est l’une des plus grandes installations géothermiques au monde. Bien que présentée comme un projet d’énergie propre, elle a imposé un lourd fardeau social et environnemental aux communautés locales. La fondation Srikandi Lestari a documenté ces impacts dans un documentaire et un rapport intitulés « Sarulla – Hell Beneath the Earth: Environmental Injustice Behind the Renewable Energy Dream » (Sarulla – L’enfer sous la terre : l’injustice environnementale derrière le rêve des énergies renouvelables).
- « Le danger sous la surface » : partout dans le monde, les défenseurs des populations autochtones, des terres et de l’environnement sont confrontés à une escalade de la violence, souvent invisible, sous-médiatisée et ignorée. Le dernier rapport « Hidden Iceberg », alimenté par les nouvelles données d’ALLIED, couvre 75 pays et révèle une violence soutenue, une escalade du harcèlement numérique et un recours croissant à la criminalisation pour réduire au silence ceux qui protègent leurs terres et leurs droits.
- « Deep-Sea Danger » (Le danger des grands fonds marins) : ce nouvel article rédigé par Prabindra Shakya (CEMSOJ et AIPNEE, Népal), collaborateur du CRE, et Johnson Jament (Mukkuvar) montre comment la société canadienne The Metals Company (TMC) étend ses activités d’exploitation minière en eaux profondes, menaçant les communautés autochtones et côtières d’Asie et du Pacifique.
- « Les agriculteurs n’ont aucune liberté » : dans ce nouveau rapport, notre collaborateur du CRE Uzbek Forum for Human Rights & Human Rights Watch dénonce la manière dont les producteurs de coton et de blé en Ouzbékistan continuent d’être victimes de coercition, d’abus et de sanctions telles que la confiscation de leurs terres pour ne pas avoir atteint leurs quotas. Et malgré des années de réformes proclamées, les risques de travail forcé restent élevés.
- Dans cette carte interactive, vous pouvez désormais consulter de brefs profils de la première cohorte de collaborateurs du CRE. Au cours des prochains mois, nous continuerons à mettre à jour la carte avec le reste des collaborateurs du CRE et à ajouter des informations supplémentaires à leurs profils. Pour des raisons de sécurité, de nombreux collaborateurs qui préfèrent rester anonymes n’apparaîtront pas sur la carte. Si vous avez collaboré avec le CRE et que vous souhaitez mettre en avant votre combat sur la carte, contactez-nous et écrivez-nous à l’adresse suivante : cre@rightsindevelopment.org.

