Bulletin du CRE – Septembre 2026

C’est avec grand plaisir que nous partageons avec vous notre bulletin trimestriel, qui rassemble les principales nouvelles du CRE, des temps forts des luttes déterminées menées par nos partenaires communautaires à travers le monde, ainsi que des ressources utiles.

 

Actualités interrégionales

En août 2026, nous avons attribué 14 subventions à des communautés en Indonésie, au Tadjikistan, en Thaïlande/Myanmar, au Mozambique, au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, au Malawi, au Ghana, en Ouganda, au Pérou, au Chili, au Mexique et en Équateur. Au cours de l’année à venir, ces communautés et organisations de la société civile feront avancer leur lutte dans le contexto de projets miniers et de transition énergétique. Nous nous réjouissons de collaborer avec elles, d’apprendre d’elles et d’échanger des semences !

Envie de découvrir les histoires de nos partenaires communautaires du CRE, les projets qu’ils et elles contestent ou surveillent, et leurs revendications ? Consultez notre carte du CRE ! Pour des raisons de sécurité, de nombreuses personnes qui collaborent avec nous et souhaitent garder l’anonymat n’apparaissent pas sur la carte. Si vous avez collaboré avec le CRE et souhaitez mettre votre lutte en lumière sur la carte, contactez-nous à : cre@rightsindevelopment.org.

 

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Des communautés issues de 13 pays d'Amérique latine se sont réunies à Lima à l'occasion de la 
Ve Conférence d'Amérique latine et des Caraïbes sur la justice climatique (septembre 2026)

 

Communautés d’action

 

Dans sa deuxième phase, le CRE a décidé d’approfondir son travail collaboratif dans des domaines thématiques précis et de mettre à l’essai des Communautés d’action (CdA) en Amérique latine, en Afrique et en Asie.

Nos « communautés d’action » sont des alliances portées par les communautés, qui réunissent des groupes locaux, nationaux, régionaux et internationaux autour d’un enjeu, d’un objectif, d’une thématique ou d’un territoire communs. Structurées autour d’un programme et d’un plan de travail communs, définis par les communautés elles-mêmes, les CdA permettent à leurs membres d’agir de manière coordonnée, de partager leurs connaissances, de mutualiser leurs ressources et de renforcer la solidarité. Elles consolident à la fois les luttes locales et les luttes collectives, accroissent la résilience face à l’évolution des contextes politiques et mettent en lumière des schémas systémiques d’abus que des cas isolés pourraient occulter.

 

 

À travers l’Amérique latine, des organisations et des communautés qui travaillent dans des territoires touchés par les projets d’hydrogène dit « vert » se rassemblent au sein de la Communauté d’action « L’Amérique latine est déjà verte » afin de renforcer la coordination régionale, de partager leurs connaissances et leurs expériences, d’amplifier la voix des communautés et d’élaborer des stratégies collectives de plaidoyer et de communication. Le groupe, qui s’est réuni en présentiel au Chili en mai 2026, rassemble neuf organisations du Chili, du Mexique, d’Argentine et d’Uruguay, qui s’opposent collectivement à plus de 40 projets d’hydrogène promus sous la bannière de la « transition énergétique ». Alors que l’hydrogène est de plus en plus présenté comme une solution durable à la crise climatique, les communautés s’inquiètent des impacts de ces projets sur l’eau, les bassins versants, les écosystèmes, les moyens de subsistance et la souveraineté territoriale, ainsi que du manque de participation réelle aux décisions qui concernent leurs territoires. C’est pourquoi les communautés et les organisations de toute la région s’organisent pour remettre en cause les discours extractivistes autour de l’hydrogène, partager leurs expériences au-delà des frontières et exiger des solutions centrées sur les personnes. Découvrez la page du groupe ici.

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“Conflict minerals 6 - Lezhnev” by Enough Project, CC BY-NC-ND 2.0

En RDC, cinq organisations qui travaillent en étroite collaboration avec les communautés touchées par l’exploitation minière unissent leurs efforts pour renforcer le plaidoyer porté par les communautés, consolider les mécanismes de protection, amplifier les voix de la base et améliorer la redevabilité dans le secteur extractif. La RDC produit environ 74 % du cobalt mondial et détient d’immenses réserves de cuivre, de coltan, de lithium, d’étain, de tungstène et d’autres minerais critiques. Pourtant, de nombreuses communautés touchées par l’exploitation minière supportent une part disproportionnée des coûts (de la pollution et de la perte de moyens de subsistance à la militarisation et aux représailles), tout en tirant très peu de bénéfices de la richesse générée par ces ressources naturelles. C’est pourquoi, à travers tout le pays, ces communautés réclament des espaces sûrs et des possibilités de faire entendre leurs revendications, d’influer sur les projets qui touchent leurs territoires et d’obliger les entreprises et les bailleurs de fonds à rendre des comptes. En savoir plus ici.

 

 

 

En Indonésie, nous travaillons avec une douzaine de groupes à la mise en place d’une communauté d’action qui vise à documenter les impacts des projets désignés comme « projets stratégiques nationaux » (souvent associés à un niveau élevé de militarisation), à élaborer une stratégie de plaidoyer collective pour exiger la redevabilité autour de ces projets, et à renforcer la protection des communautés touchées et des personnes défenseures. Plusieurs de ces partenaires participeront également à la prochaine réunion de la Banque mondiale à Bangkok.

Vous pouvez en savoir plus sur les événements à venir à Bangkok ici.

Walking on Geothermal Gas Pipeline, Dieng, Indonesia (2015). Credit: Remko Tanis (via Flickr)

 

Échanges et rencontres communautaires

 

 

En septembre, nous avons lancé une série de six sessions sur la cartographie et le suivi collectifs, en collaboration avec Fundación ACUE, EJ Atlas, Plan Colibrí, GeoComunes, l’Équipe humanitaire OpenStreetMap, la Plateforme latino-américaine et caribéenne pour la justice climatique (PLACJC) et la Campagne mondiale pour exiger la justice climatique (DCJ-LAC). Chaque session comprend un atelier interactif sur un outil ou une méthodologie de cartographie communautaire et favorise le dialogue sur la façon dont le suivi communautaire, la cartographie et la production collective de connaissances peuvent devenir des outils pour construire la communauté et l’identité, défendre les territoires et résister aux projets de développement néfastes. Les enregistrements et les documents seront bientôt disponibles sur une page dédiée du site web de la Coalition. En attendant, vous pouvez visionner les enregistrements des quatre premières sessions sur notre chaîne YouTube.

 

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Du 12 au 15 septembre, à Lima, notre facilitatrice régionale du CRE pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Claudia, a retrouvé des organisations, des communautés et des réseaux de 13 pays à l’occasion de la cinquième Rencontre latino-américaine et caribéenne pour la justice climatique, afin de continuer à renforcer les espaces collectifs d’organisation, de coordination communautaire et de dénonciation publique, et de développer des outils d’action collective face aux injustices qui provoquent et aggravent la crise climatique. Lisez le blog de Claudia ici.

 

Événements à venir

  • Fin septembre, plusieurs partenaires du CRE en Afrique se sont rendu·e·s à Dakar (Sénégal) pour participer au Forum africain sur les entreprises et les droits de l’homme. Vous pouvez lire leurs principales revendications en matière de redevabilité et quelques-uns de leurs témoignages dans ce blog.
  • Fin octobre, nous participerons à une audience publique de la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) sur les « Impacts de l’extraction des minerais critiques pour la transition énergétique ». À cette occasion, nous présenterons notre note d’information qui documente les expériences de plusieurs communautés touchées par l’exploitation minière en Amérique latine.

 

Récits

 

Ouganda

Le corridor pétrolier de l’EACOP est présenté comme une voie vers la transformation économique, mais pour les communautés touchées, ce projet s’est traduit par des pertes de terres, des moyens de subsistance perturbés, des indemnisations insuffisantes, des impacts différenciés selon le genre et des représailles. En juillet, notre chercheuse Charlize Tomaselli a rencontré plusieurs de nos partenaires du CRE en Ouganda afin de mener des recherches sur ces impacts néfastes de l’EACOP, mais aussi d’explorer la manière dont les communautés résistent et font avancer leurs propres revendications. Découvrez le premier blog de la série ici. Dans les prochains, nous verrons comment les communautés résistent et développent des projets de moyens de subsistance pour reconstruire la sécurité alimentaire, les revenus et le pouvoir collectif. Restez à l’écoute !

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An excavator destroys a meandering forest stream, carrying out deforestation to build the PT Global Papua Abadi sugarcane concession in Merauke, West Papua. 11 December 2025. 8°9’55″S 140°33’20″E . © Jurnasyanto Sukarno / Greenpeace

 

Papouasie occidentale

Des projets agro-industriels à grande échelle aux bases militaires et aux ports spatiaux, la Papouasie occidentale fait face à une nouvelle vague de projets destructeurs qui menacent ses précieuses forêts, violent les droits des communautés autochtones locales et militarisent fortement ces territoires. En réponse, les peuples autochtones ont tenu tête avec force à de gigantesques entreprises minières et agro-industrielles, engagé des batailles juridiques et mobilisé la solidarité internationale, dans leur lutte pour affirmer leur souveraineté sur leurs terres ancestrales. Pour en savoir plus, lisez cet article, rédigé avec une personne partenaire du CRE, défenseure de l’environnement en Papouasie occidentale, qui préfère garder l’anonymat pour des raisons de sécurité.

 

Zoom sur l’histoire d’une communauté :

les quilombolas du Minas Gerais, au Brésil, résistent aux fausses solutions climatiques

 

Depuis des générations, les communautés quilombolas de la vallée du Jequitinhonha, au Brésil, protègent leurs territoires, leurs eaux, leurs forêts, leurs systèmes alimentaires et leurs savoirs traditionnels face à la pression croissante de projets économiques à grande échelle.

Dans le Haut Jequitinhonha, l’expansion de la monoculture d’eucalyptus destinée à la production de charbon de bois a transformé les paysages et accentué la pression sur les territoires et les sources d’eau des communautés. Aperam BioEnergia, qui gère environ 124 000 hectares dans la région, a reçu jusqu’à 250 millions de dollars US de financement de la Société financière internationale (SFI), la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, notamment pour développer ses activités de bioénergie et acquérir environ 42 600 hectares de terres.

Les communautés dénoncent les impacts cumulés de décennies d’expansion de l’eucalyptus, parmi lesquels la diminution de la disponibilité en eau et les menaces qui pèsent sur l’agriculture, l’élevage, les produits issus de la végétation native et les moyens de subsistance traditionnels. Elles sont également touchées par des projets d’exploitation de lithium, qui ajoutent une nouvelle couche de menaces pour leurs territoires et leurs modes de vie.

Pour les communautés quilombolas, ces projets soulèvent des questions fondamentales de droits territoriaux, de justice raciale et d’autodétermination, en particulier lorsque des projets présentés comme « verts » ou durables se font au détriment de communautés qui protègent ces terres depuis longtemps.

Lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale en Thaïlande, en octobre, la Coalition sera accompagnée de l’Instituto Maira et de Rosaria da Rocha Costa, présidente de COQUIVALE, afin de porter ces préoccupations directement auprès des institutions financières internationales et de dénoncer le rôle de la SFI dans le financement de la destruction des terres et des moyens de subsistance des quilombolas.

En savoir plus

 

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Publications, documentaires et ressources

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